Les parkings souterrains : de la voiture individuelle à la mobilité des marchandises

Les parkings souterrains : de la voiture individuelle à la mobilité des marchandises

La voiture individuelle n’est plus reine dans nos villes : la circulation a chuté, atteignant aujourd’hui moins de 60 % du niveau de 2002, avec une baisse de 12,5 % par rapport à 2023, selon un rapport de la Ville de Paris en 2025. Dans ce contexte, les parkings et infrastructures automobiles sous-utilisées apparaissent comme des terrains d’opportunité pour développer le réseau logistique des métropoles : plus intégré et de proximité. C’est autour de cet enjeu que Sogaris et SAEMES se sont réunis à l’occasion du SIMI 2025, annonçant le lancement d’un nouveau partenariat visant à faire des parcs de stationnement des leviers de dynamisation urbaine.

Le recul de la voiture individuelle, un bouleversement urbain  

La tendance est désormais bien établie : la voiture individuelle n’est plus le mode dominant des déplacements à Paris. Moins d’un ménage sur trois est aujourd’hui équipé d’une voiture, contre près de deux tiers en Île-de-France et une large majorité à l’échelle nationale. Cette faible motorisation s’explique autant par la densité urbaine que par l’offre de transports collectifs et le développement des mobilités actives. 

Dans les pratiques quotidiennes, le décrochage est encore plus marqué. À Paris intramuros, la voiture ne représente plus qu’environ 4 % des déplacements, loin derrière la marche (53%) les transports en commun (près de 30 %) et le vélo, désormais plus utilisé que l’automobile. Une bascule symbolique, révélatrice d’un changement durable des comportements.  

Cette évolution se reflète dans l’espace public. La Ville de Paris a engagé la suppression progressive de près de la moitié des places de stationnement de surface, au profit de trottoirs élargis, de pistes cyclables, d’espaces végétalisés ou de nouveaux usages urbains. Pourtant, ce recul du stationnement en surface ne se traduit pas mécaniquement par un report massif vers les parkings souterrains, dont une partie demeure sous-utilisée 

Résultat : toute une série d’infrastructures conçues pour la voiture – les parkings, mais aussi les stations-service, concessions automobiles, les abords d’axes routiers – se retrouvent exposées à une perte de leur fonction historique, tandis que la demande de mobilité tend elle à se diversifier et à s’amplifier, autant pour les personnes que pour les marchandises. Alors que faire de ces fonciers stratégiques : les remplacer ou les faire évoluer ?  

A l’occasion du SIMI 2025, Jonathan Sebbane (Sogaris) et Carine Saloff-Coste (SAEMES) ont rappelé les opportunités et les défis de la transformation des parkings. ©Sogaris

Transformer les parkings en hubs de logistique urbaine : vraie ou fausse évidence ?  

La reconversion des parkings ouvre des perspectives prometteuses, mais s’accompagne aussi de contraintes fortes. Ces espaces disposent d’atouts évidents : implantations centrales, accès adaptés aux véhicules, maillage existant, capacité à internaliser les opérations. Mais ces transformations tant attendues doivent aussi pouvoir être réalisées dans des emprises très contraintes, souvent en voisinage direct avec des habitants. Les professionnels de la logistique urbaine portent de plus une attention particulière aux largeurs, aux hauteurs libres, aux charges au sol et aux conditions d’exploitation, qui ne sont naturellement pas les mêmes dans un entrepôt ou dans un parking. Une transformation exige donc des renforts de structures et parfois des suppressions de niveaux entiers. Autant d’opérations techniques avec un impact fort sur l’investissement.  

Sur le plan réglementaire également, la logistique urbaine en sous-sol reste atypique et nécessite un travail fin d’interprétation et d’adaptation pour respecter un cadre juridique précis. 

À cela s’ajoute un enjeu de commercialité. Le sous-sol, comme le stockage en étage, sont inhabituels pour les opérateurs qui doivent inventer de nouveaux modèles d’exploitation, fondés sur la proximité, le bon voisinage et l’impact local.  

Bref, si l’intention est largement partagée et le potentiel évident, la réalisation demeure pleine de défis pour les concessionnaires et les développeurs immobiliers. De fait “seule une partie de notre réseau sous-terrain a vocation à être transformée pour accueillir des activités de logistique urbaine” précise Carine Saloff-Coste, Directrice générale de la SAEMES, opérateur historique de la ville de Paris, “et chaque transformation sera un projet sur-mesure.”  

 

Sogaris, pionnier de la logistique urbaine en sites contraints 

Depuis 2013, Sogaris est devenue spécialiste de l’implantation d’espaces logistiques au sein de fonciers urbains délaissés ou en friche. Les parkings et autres infrastructures liées à la voiture lui ont ainsi fourni plusieurs terrains d’expérimentation. 

L’espace urbain de distribution (EUD) de Beaugrenelle, dans le 15arrondissement de Paris, est précisément un ancien parking en infrastructure, réaménagé depuis 2013 pour la livraison du dernier kilomètre. Il est aujourd’hui exploité par Chronopost, spécialiste de la livraison de colis, qui y a installé une messagerie. Transformé il y a plus de 12 ans, il s’agit d’un site pionnier à Paris. 

L’EUD P4 (Pole Paris Pantin Pré Saint-Gervais, Paris 19e) est le site logistique le plus compact jamais développé par Sogaris. Bâti sous le périphérique à la Porte de Pantin, en lieu et place d’un délaissé urbain, il développe un peu plus de 800 m² dédiés à la livraison du dernier kilomètre pour produits alimentaires. Construit sous contrainte majeure, sa qualité et son innovation architecturale (agence Syvil Architecture) ont été reconnues par un MIPIM AWARD (Best Industrial & Logistics Development) en 2021, ainsi qu’une mention spéciale à l’Équerre d’argent 2021, distinction exceptionnelle pour un site souterrain. 

L’EUD de Beaugrenelle a été le premier parking transformé par Sogaris, en 2013. ©Cyrille Dubreuil

 

 

 

Plus récemment, Sogaris a achevé des reconversions particulièrement complexes, dans le cadre de l’appel à projet Réinventer Paris 2 : les dessous de Paris. 

La Folie Champerret (17 arrondissement)

Une ancienne station-service transformée en Espace urbain de distribution (EUD) de 2000 m², dédié à la messagerie de colis et conçue pour être exploitée par des véhicules 100 % électriques. Situé à la jonction du périphérique, de Neuilly-sur-Seine et du 17 arrondissement, il permet un approvisionnement fluide sans congestion du trafic parisien. Le site comprend des espaces de tri, des bornes de recharge, des locaux sociaux et des bureaux. Sa transformation a été achevée en 2025 et a notamment nécessité un travail important sur le traitement de l’air.  

Le kiosque d’accueil de l’Immeuble Inversé remplace depuis 2024 l’édicule d’entrée d’un ancien parking automatisé en sous-sol. ©Takuji Shimurra

L’Immeuble Inversé (rue du Grenier-Saint-Lazare, Paris centre) 

Un ancien parking souterrain automatisé devenu espace logistique de proximité, orienté vers le stockage déporté et les livraisons du dernier kilomètre en cyclologistique. Ce site atypique accueillera également un service de conciergerie de quartier à destination des habitants du quartier. Cette transformation, réalisée entre 2022 et 2024, a conjugué des enjeux techniques (chantier au cœur d’un quartier dense et patrimonial, interactions avec des infrastructures collectives souterraines), réglementaires et opérationnels. Après un test grandeur nature à l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, le site est aujourd’hui exploité par ses premiers utilisateurs. 

La collaboration Sogaris x SAEMES : un levier de transformation avec les acteurs  historiques des parkings 

Pour amplifier ce mouvement, Sogaris s’associe aux acteurs historiques de la gestion des parkings. L’entrée au capital de la Saemes à hauteur de 9%, officialisé le 4 décembre dernier, doit permettre de conjuguer deux expertises reconnues et complémentaires. 

En combinant le stationnement urbain et la logistique du dernier kilomètre, ce partenariat ouvre de nouvelles opportunités pour décarboner les flux, réduire la congestion et apaiser l’espace public. 

Au-delà des bénéfices opérationnels, cette collaboration permettra de structurer des co-investissements ciblés, au service des territoires, des acteurs économiques locaux et des habitants. Elle renforce également la capacité de Saemes à accompagner la Ville de Paris et les territoires du Grand Paris dans l’exploitation et la modernisation de leurs parkings concédés, en particulier dans le cadre des futurs appels d’offres de rénovation et d’adaptation des infrastructures souterraines. 

 « Cette alliance combine expertise et moyens au service de l’intérêt général, tout en accélérant nos objectifs de décarbonation et de souveraineté territoriale.” souligne Jonathan Sebbane, directeur général de Sogaris. 

 

Et l’architecture dans tout cela ? 

Combiner innovation immobilière et qualité architecturale a toujours été l’une des marques de fabrique de Sogaris. Mais quelle place accorder à cette dimension dès lors que l’on redéveloppe le sous-sol et des actifs par définition cachés aux yeux des passants ? En réalité, l’architecture ne se limite pas aux façades, elle conditionne l’opérationnalité du site, le confort des salariés, la qualité de la lumière, le bien-être thermique et la durabilité des usages. Ainsi, dans un environnement complexe et contraint comme le sont les parkings sous terrains, l’œil et le savoir –faire de la maitrise d’œuvre sont finalement encore plus décisifs qu’en surface, comme le synthétise encore Jonathan Sebbane : 

L’enjeu est d’inventer une nouvelle génération d’actifs capables de revaloriser le sous-sol et de définir une grammaire architecturale adaptée à la logistique urbaine contemporaine.” 

 

 

Contact presse

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  • gjouquan@sogaris.fr

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